

LA FILLE PERCHEE
Une petite fille grandit, appréhendant son monde à l'aide de ses impressions et sensations. Elle fait le difficile apprentissage de la douleur et du deuil. Petit animal qui se réfugie sur une branche après la mort de son meilleur ami Jérémie, elle observe l'univers qui l'entoure, cherchant à comprendre les sentiments contradictoires qui la déchirent entre l'enfance et l'adolescence. Marquée du sceau de l'adulte, devenue objet de convoitises, pourtant innocente, elle vit ces épisodes difficiles qui la retranchent dans sa "bulle verte". En rencontrant celui qu'elle surnomme La Bête, SDF qui vit dans une carcasse de voiture, elle trouve un réconfort, une simplicité dans les rapports la liant maintenant au monde adulte. "C'est un vrai théâtre, la Bête, avec plein d'émotions différentes. D'ailleurs quand je suis assise par terre, sa tête, dans l'encadrement de la fenêtre, fait comme un poste de télé vivant." Des jeux innocents aux découvertes d'une sexualité initiée par un adulte, les chapitres se déroulent tout en suggestion. La poésie des lieux et des instants volés à l'enfance sont décrits dans une écriture faite d'impressions, de tonalités verbales, belles et simples. Les courts chapitres regroupés en thématiques, le bestiaire, leçons de choses, etc., campent l'univers campagnard de l'enfant. Les parents revêches, les êtres qui peuplent sa vie sont ainsi décrits avec une infinie subtilité, laissant une impression d'éphémère beauté. Tout en sensibilité, Judith Lesur signe un premier roman d'une profonde émotion sur le monde de l'enfance, son innocence perdue et retrouvée.
Alexandra Morardet, ARTE-TV.COM - 7 octobre 2004
Ce roman est porté par un style clair et des images fortes, frappantes, organiques. On le lit d'une traite, fasciné par l'intégrité animale de la jeune héroïne.
Julia Deck
L'écriture, sauvage, emprunte la voix du personnage principal dans une succession de courtes scènes, vives et bien menées, qui rythment l'échappée belle de cette adolescente, assiégée par la violence des adultes.
Audrey Cluzel, manuscrit.com
"La fille perchée" est attachante. On se laisse avoir par son charme, sa candeur, son caractère revêche. Et on partage l'intimité de ce personnage, un peu à la manière d'Alina Reyes ou de Catherine Breillat.
Alain François, critique